Loin de ne s’adresser qu’aux spécialistes, ce musée récemment ouvert réussit le challenge de rendre vivante et accessible la présentation de sa vaste collection d’instruments anciens et contemporains. Des instruments les plus connus aux plus originaux, voire incongrus, la variété des formes répond à la diversité des timbres et sonorités dont l'appréciation et la comparaison sont rendues possibles par de nombreuses bandes sonores.
On découvre par exemple de luxueux clavecins marquetés, peints de motifs orientalisants, incrustés d’écailles, de nacre ou d’ivoire. On s’étonne de la diversité des pianos au court des âges : les pianos à queue, carrés ou pyramidaux, les étonnants pianos girafes ou lyres de style empire ou encore les révolutionnaires pianos quart de ton ou sixième de ton, spécialement construits pour les besoin de la musique micro tonale au 20e siècle. On compare le timbre net et argentin des épinettes ou clavecins aux nuancements infinis des pianos, on confronte le son puissant et velouté des trompettes à celui nasillard des cornemuses, on découvre les timbres plus ou moins clairs, cuivrés, chuintants ou cristallins des diverses familles d’instruments.
Une présentation très contemporaine met en valeur la beauté des œuvres par des bains de lumière tout en préservant l’originalité du bâtiment dans lequel le musée s’est installé. L’histoire de celui-ci ne manque pas de péripéties : ancienne église baroque du 17e siècle construite par l’architecte Francesco Caratti, il eut en effet de nombreuses vies avant son aménagement en musée. Il fut tour à tour bureau de poste, hôpital militaire, caserne de police, centre d’archive. Il en résulte une symbiose inhabituelle entre un bâtiment de culte baroque et ses modifications fonctionnelles ultérieures, dont la partie la plus impressionnante est l’immense et lumineux patio central.
České muzeum hudby – Musée de la Musique
Karmelitská 2/4
Prague 1 – Malá Strana
www.nm.cz
Accessibilité :
Tram 12, 20, 22 – Arrêt « Hellichova »
Ouvert du mercredi au dimanche de 10h à 18h.












