Contact
Mes favoris

Informations clés

Durée
Quand en soirée
Où ? Théâtre National

Description

Pour Janáček, le chemin vers la reconnaissance fut long et difficile : il ne fallut pas moins de douze ans pour que son opéra Jenůfa (Její Pastorkyňa en tchèque), créé à partir d’une pièce de Gabriela Preissová et joué pour la première fois sur les planches d’un petit théâtre de Brno, ne parvienne jusqu’à la scène du Théâtre National de Prague. Et pourtant, il compte aujourd’hui parmi les opéras tchèques les plus souvent interprétés à travers le monde, et constitue certainement l’un des sommets du réalisme tchèque de son époque : c’est ce que nous confirme la mise en scène actuelle, de Jiří Nekvasil.

L’intrigue : la jeune Jenůfa n’a d’yeux que pour Števa, un homme vaniteux dont le frère, Laca, dissimule sous des abords de rustre son amour sincère pour Jenůfa et sa jalousie de son frère. Lorsque, d’un geste malheureux, Laca blesse Jenůfa au visage, Števa se détourne d’elle, la laissant accoucher de leur fils en compagnie de sa seule nourrice, la sacristine du village (Kostelnička). Laca avoue alors à la sacristine son amour pour Jenůfa. Mais comme il est incapable d’accepter la naissance du fils de Števa, la vieille nourrice préfère lui mentir et lui affirmer que l’enfant est mort-né. Elle abandonne ensuite le bébé dehors, en plein hiver. Quand Jenůfa se réveille d’un long sommeil et cherche son fils, pleine angoisse, la sacristine lui affirme qu’elle a perdu conscience pendant l’accouchement et que l’enfant est mort. Peu de temps après, Jenůfa doit se marier avec Laca. Mais c’est alors les remords commencent à tarauder la vieille femme...

L’intrigue de Jenůfa est située dans un milieu à l’identité culturelle forte, celui de la campagne morave traditionnelle. Les costumes authentiques, les danses folkloriques, le fait même que Janáček se soit efforcé de restituer les patois locaux, tout concourt à plonger le spectateur dans cette culture particulière. Et même si l’atmosphère du premier acte s’inscrit dans l’esprit des idylles folkloriques et des joyeuses fêtes populaires, un rebondissement dramatique a lieu vers le milieu de l’opéra, qui prend alors une dimension tragique : toute la tension accumulée culmine dans l’interprétation magistrale de la soprano Eliška Weissová, qui tient le rôle de la sacristine. Puis la tension qui traverse le troisième acte fait place à la purification qui accompagne le moment des aveux et du pardon qui s’ensuit. Ainsi, le spectateur ne quitte pas la salle en proie au désespoir, mais avec l’idée que la destinée humaine restera toujours imprévisible…

L’opéra est présenté dans sa langue d’origine, le tchèque, et sous-titré en anglais et en allemand. L’accompagnement est assuré par l’Orchestre du Théâtre National, dirigé par Jaroslav Kyzlink.

Rendez-vous ici :

Théâtre National Národní 223/2 Praha 1 – Nové Město 110 00

Ce que les autres en disent