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Informations clés

Durée
Quand en soirée
Où ? Nouvelle scène du Théâtre National

Description

Mettre en scène et en musique, sous forme d’opéra, l’une des œuvres les plus intenses de la littérature tchèque moderne, Les Souffrances du prince Sternenhoch (Ladislav Klíma), et, qui plus est, en espéranto ? Inimaginable, diront certains. C’est pourtant ce qu’a réussi à faire le compositeur Ivan Acher, qui est aussi l’auteur du livret, avec cette adaptation d’une grande sensibilité présentée sur la Nouvelle scène du Théâtre National, cadre qui s’y prêtre particulièrement.

Le héros de cette histoire fantasmagorique, le prince Sternenhoch, épouse la jeune Helga, fille d’un officier à la retraite et qui souffre de déficience mentale. Bien qu’elle soit apathique et qu’elle ne rende pas son amour au prince, celui-ci conçoit pour elle une certaine forme de désir et lui fait un enfant. Après l’accouchement, Helga se métamorphose : elle avoue à son mari tout son mépris pour lui et pour leur enfant, qui lui est si odieux qu’elle le tue devant ses yeux. Par la suite, elle défend au prince de la toucher et se livre en secret à la débauche avec un amant brutal. Quand Sternenhoch les surprend, il tue l’amant et plonge Helga dans une oubliette où elle finit par mourir. Le prince commence alors à perdre la raison, et décide de rendre visite à la sorcière Kuhmist afin qu’elle le débarrasse de ses remords et de ses hallucinations démoniaques…

Une composition musicale traditionnelle aurait certainement été inadaptée face à un thème aussi étrange, qui allie onirisme, horreur et érotisme décadent, sans oublier quelques éclairs de douceur et de beauté. C’est pourquoi Acher a eu recours à une musique fusion qui alterne des samples de musique classique et électronique et des morceaux interprétés en direct (violon et viole de gambe, contrebasson, cithare). Le résultat est hallucinant : les scènes de folie sont portées par des rythmes retentissants qui flirtent avec la techno, l’extravagance du rock et la disharmonie du noise, sur lesquels vient se greffer un ballet exécuté par six danseurs. Les pièces de musique de chambre accompagnent le ténor Sergueï Kostov (Sternenhoch), à la voix rêveuse, et la soprano Vanda Šípová (Helga), qui dégage une éblouissante nostalgie. Face à ce duo central, qui réalise une performance fascinante tant sur le plan lyrique que dramatique et parvient à exprimer une grande palette d’attitudes contradictoires, on notera surtout l’excellente Tereza Marečková, dans le rôle de Kuhmist, qui non seulement chante en mezzo-soprano, mais joue également du violon et de la viole de gambe. La scénographie elle-même n’est pas en reste : elle oscille entre horreur et dadaïsme, et les costumes sont d’une grande variété. Pour conclure, disons que cette mise en scène dynamique et de format plutôt réduit pourra choquer aussi bien qu’émouvoir, ne serait-ce que par la poésie presque mystique qui se dégage du livret.

L’opéra en un acte est présenté en espéranto et sous-titré en tchèque et en anglais.

Rendez-vous ici :

Nouvelle scène du Théâtre National Národní 1393/4 Praha 1 – Nové Město 110 00

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